• Stéphanie Daudon

Crise sanitaire : que faut-il faire de son épargne salariale et retraite ?


L'important est de bien analyser ses besoins, de penser à long terme et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

Depuis le début d’année, le CAC 40 a perdu près de 40% de sa valeur entre son point haut et son point bas. L’indice a ainsi enregistré des mouvements de mêmes proportions que la crise de 2008, provoqués par la paralysie de l’économie mondiale, causé par le coronavirus covid 19.


Pour les marchés financiers, c’est ce qu’on appelle, un « cygne noir », autrement dit, un choc externe, imprévu et majeur.


Dans cet environnement anxiogène, que faut-il faire de son épargne salariale et de son épargne retraite ? L’important est de bien analyser ses besoins, de penser à long terme et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…


Les banques vont-elles faire faillite ?



Depuis la crise de 2008, la réglementation bancaire a été fortement renforcée et permet au système bancaire européen d’être beaucoup plus résilient à ce genre d’évènement. De plus, elles bénéficient du soutien des banques centrales pour se re-financer et réduire leurs risques.



Les banques européennes sont soutenues par les banques centrales car elles se trouvent en première ligne pour lutter contre la crise.

Leurs agences restent ouvertes et les crédits à l’économie, en particulier aux PME et aux ménages, continuent d’être octroyés.


Des exercices de « stress-tests » sont également effectués pour toutes les banques de l’Union européenne afin d’évaluer sur une durée de 3 ans leur résilience, c’est-à-dire leur capacité à absorber des pertes inattendues face à des chocs macroéconomiques et financiers très défavorables. Les derniers tests, réalisés par l’autorité bancaire européenne (EBA), ont démontré que les ratios de solvabilité des banques étaient satisfaisants pour les 48 banques contrôlées.


Mon épargne retraite/salariale est-elle garantie en cas de faillite ?


Si vous vous posez quand même la question de savoir de ce qu’il adviendra de votre épargne en cas de faillite bancaire, voici des éléments de réponses :


>Pour un PEE ou un PER Entreprise, les avoirs de chaque épargnant sont déposés dans l’établissement bancaire et ségrégués. Ils restent la propriété de l’épargnant et sont conservés chez un dépositaire indépendant, même en cas de faillite. De plus, les parts de FCPE sont couverts par le fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) qui vise à protéger les clients en cas de défaillance de l’établissement bancaire dans la limite de 70.000 euros par client et par établissement.


>Pour l’épargne retraite individuelle (PER individuel) qui n’est pas ouverte auprès d’un établissement bancaire mais qui est détenue par une compagnie d’assurance, ils sont couverts, comme l’assurance vie, par le fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) qui a pour mission de garantir et les assurés en cas de défaillance de leur société d’assurance, avec un plafond de garantie de 70 000 € par déposant et par société d’assurance, et ce, quel que soit le support (euros ou unités de compte).


Faut-il arbitrer son épargne vers un fonds monétaire ?


La crise actuelle provoquée par les incertitudes sur les conséquences de l’épidémie virale est sévère, mais qu’en restera-t-il dans cinq ou dix ans ? Il ne faut pas oublier que la durée d’investissement du PEE est de 5 ans.


Actuellement, le marché monétaire est structurellement négatif depuis plusieurs années, et cela devrait se poursuivre durant les prochaines années à la suite des nouvelles mesures exceptionnelles mises en place par les banques centrales.


Le risque est donc grand pour les salariés d’arbitrer leur épargne à perte sur des fonds monétaires alors qu’ils ont un horizon de long terme.

En faisant ce mouvement, ils cristalliseraient leurs pertes temporaires et ne pourraient profiter d’un rebond des marchés.

Nous pouvons rappeler la règle suivante : Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Même les meilleurs gérants ont des cycles moins favorables. En répartissant son épargne sur différents gérants, on limite le risque. Ainsi, dans les années chahutées et selon les circonstances, les hausses de certains fonds compensent les baisses des autres.

De plus, l’analyse historique des cours de bourse montre que le risque de perte d’un portefeuille suffisamment diversifié décroît avec le temps.


Est-ce le bon moment pour investir ?



La date d’investissement dans un FCPE (fonds communs de placement d’entreprise) est de loin la composante la plus importante dans la performance future d’un portefeuille de placements. Et pourtant, personne ne peut systématiquement acheter au plus bas et vendre au plus haut. Ainsi, nous ne savons pas si nous sommes au bon moment pour acheter, les marchés peuvent très bien continuer à baisser si l’économie ne repart pas.


Cette alternance de bonnes et de moins bonnes années fait partie du marché, elle est incontournable.

Pour amoindrir cette volatilité, il faut investir régulièrement via des versements réguliers afin de lisser les performances.

Sur le long terme, l’investissement en actions procure davantage de rendement, à condition d’accepter une certaine volatilité. Historiquement, renforcer les actions dans les marchés fortement baissiers, quand plus personne ne veut d’actions (1987, 2001, 2008, 2011, 2018) montre que ce sont là que nous pouvons faire les meilleures affaires.


La gestion pilotée est-ce une solution pour mieux affronter la crise ?



La gestion pilotée consiste à investir selon une allocation prédéfinie en fonction de l’aversion au risque de l’investisseur (Prudent, Equilibré, Dynamique) permettant de diversifier les risques financiers, puis à suivre l’évolution du portefeuille et arbitrer automatiquement chaque trimestre ou semestre pour rééquilibrer le portefeuille.


Par nature, la valeur de votre portefeuille d’actifs est instable dans le temps puisque certains de vos investissements varient plus que les autres, en fonction de l’évolution des marchés financiers. Ainsi de fortes variations entraînent une allocation qui devient sous-optimale par rapport aux objectifs définis par l’investisseur. En cas de crise, le prix des actions risque de baisser plus rapidement que celui des obligations. En conséquence, la proportion d’actions de votre portefeuille est susceptible de baisser plus que la proportion d’obligations. Il y a donc une différence entre l’allocation cible et les pondérations réelles de votre portefeuille actuel. Par exemple, en cas de forte baisse des marchés et sans rééquilibrage du portefeuille, une allocation initiale constituée à 75% d’actions et à 25% d’obligations pourrait se transformer en une allocation à 60% d’actions et 40% d’obligations.

Ceci entraîne donc un déséquilibre au sein de votre portefeuille et le niveau de rendement attendu n’est plus le même que celui fixé initialement.

Pour corriger cet écart et ajuster l’allocation, on applique un rééquilibrage de façon trimestriel ou semestriel qui permet de s’assurer que le niveau de risque du portefeuille est conforme, durant toute la vie du contrat, au niveau souhaité par l’investisseur lors de la définition initiale de ses projets et l’évaluation de son profil et vous empêche de réaliser une erreur comportementale qui consisterait à acheter au plus haut et vendre au plus bas.

Le biais comportemental des émotions est donc exclu de l’équation d’investissement. C’est pourquoi la gestion pilotée est une solution d’investissement pour tous.

Quels risques dans le cadre de l’actionnariat salarié ?


Comme tout investissement en actions, l’actionnariat salarié comporte des risques. Mais la décote, et/ou l’abondement créent un amortisseur qui permet de lisser le risque des collaborateurs et augmentent la performance des opérations.

Dans son « Panorama de l’Actionnariat Salarié 2019 », Eres a analysé, entre 2006 et 2013, la performance sur 5 ans de 200 opérations collectives réalisées par 48 entreprises du SBF120. Les salariés ont été gagnants dans 80% des cas sans l’abondement et dans 93% des cas avec un abondement de 100%.

Les mécanismes d’actionnariat salarié permettent de mettre en places des opérations de souscription avec décote sur la valeur de l’action et d’un abondement permettant, pour les investisseurs, d’avoir un coussin de sécurité sur leur investissement.

L’étude Eres montre que pour 100€ investis, les salariés du SBF120 ont réalisé un gain moyen compris entre 109% sans abondement (soit 209€) et 675% avec un abondement de 300% (soit 775€).

Malgré les mécanismes de décote et d’abondement, l’investissement en actionnariat salarié reste un placement à risques et doit se faire dans une approche de long terme.

Il faut veiller à ne pas investir un montant déraisonnable par rapport à sa surface financière et son besoin de liquidité.


Actionnariat salarié non coté


L’actualité des FCPE d’actionnariat salarié d’entreprises non cotées a été marquée par la suspension des valeurs liquidatives d’une vingtaine de fonds. Cette suspension, qui est temporaire, reste une problématique contenue.


Rappelons tout d’abord que les opérations d’actionnariat salarié sont un outil de fidélisation et de motivation à long terme très apprécié des salariés.

La valorisation des titres détenus dans les fonds d’actionnariat salarié s’appuie sur une méthode définie pour 5 ans par un expert indépendant, mandaté par l’entreprise.


Les entreprises sont impactées différemment par la situation exceptionnelle que nous traversons, en fonction de leur taille, de leur secteur d’activité, de leur trésorerie. En fonction de cet impact, l’entreprise envisagera de ne pas attendre le terme des 5 ans pour solliciter une nouvelle expertise. Dans le cadre de l’actionnariat salarié côté, la valorisation de l’entreprise est donnée par les marchés financiers, il y a donc moins de problèmes de valorisation.



Source : Edicom

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