• Stéphanie Daudon

Comment acheter et vendre des bitcoins ?

Le premier actif numérique devient incontournable. On décode cet environnement informatique et on vous guide pour investir dans quelques bitcoins à titre d'expérience personnelle.

acheter et vendre des bitcoins

Bienvenue à l’ère de l’or digital! Le prix du bitcoin naviguant à un niveau proche de celui du lingot d’un kilo à 58.332 dollars (48.000 euros), beaucoup voient déjà dans ce nouvel actif numérique une réserve de valeur, voire une monnaie. Il n’est pourtant ni l’un ni l’autre.


Il n'empêche, près de 3% des Français auraient déjà investi dans des crypto-actifs et 14% aimeraient le faire, selon un sondage réalisé en février par l'Ifop pour le compte de Cointribune. Treize ans après sa création en 2008, le bitcoin devient incontournable. Comment en acheter, en vendre.

«Gardez à l’esprit que le bitcoin repose sur un marché non régulé, cette monnaie virtuelle n’a pas de cours officiel. Il s’agit d’un environnement informatique qui a ses propres règles et qui peut s’avérer non adapté aux personnes pas suffisamment technophiles et averties. Compte tenu de sa forte volatilité, ce marché est risqué», écrit l’AMF, le gendarme des placements, dans un communiqué qui commence à dater (15 novembre 2017) mais demeure d’actualité.


À qui s'adresser ?

La banque en ligne Revolut propose d'acheter et de vendre des bitcoins en deux clics de souris. En réalité, l'investisseur détient une créance sur Revolut qui achète et conserve les cryptomonnaies dans ses livres de compte.


Alternative : s'adresser à un prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) enregistré auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) ou d’autorités étrangères aguerries.


Coinhouse (ex-La Maison du Bitcoin) est la première plate-forme spécialisée à avoir obtenu ce nouvel enregistrement. Elle présente une interface facile d’accès, et garantit les cours lors de la passation des ordres, le temps de valider le paiement (par carte bancaire). Vous pouvez aussi vous tourner vers le géant américain Coinbase ou l’allemand Kraken, leader des transactions sur bitcoins en euros, qui propose six autres monnaies fiduciaires mondiales.


Née à Hong Kong, Binance séduira les particuliers experts pour ses faibles frais. Selon la plate-forme, vos bitcoins seront stockés dans le coffre-fort de l'intermédiaire ou dans votre propre coffre-fort numérique (appelé «portefeuille»), ce qui permet de recevoir des crypto-actifs de toute provenance.

Attention, si vous optez pour cette seconde option, vous aurez un code supplémentaire appelé «clé privé» que vous serez le seul à connaître. Si vous l'égarez, vous perdrez vos précieux bitcoins.


Y a-t-il un montant minimum pour chaque opération ?

Ils sont en général assez faibles. Il n’y en carrément pas sur Revolut qui permet d’acheter ou vendre quelques euros de bitcoin. Sur Kraken, le minimum d’achat est de 10 dollars. À partir de 25 euros chez l'américain Coinbase et 50 euros chez le français Coinhouse.

Mais il faut tout de même apporter 5.000 euros pour ouvrir un compte chez Fructify. Chez Coinhouse, le 23 février, vous obteniez, pour 100 euros, 0,002393 bitcoin, avec 3,37 euros de frais de transaction.


À savoir : un bitcoin se divise en satoshis (1 BTC= 100.000.000 sat).


Y a-t-il un risque de change ?

Le bitcoin est coté en dollar, mais la plupart des plates-formes permettent de les échanger directement en euros. Le risque de change existe, mais il ne faut pas le surestimer. Le vrai risque, c'est la baisse du cours du bitcoin. D’abord, à cause de la spéculation.

Des programmes informatiques complexes (algorithmes) prennent en permanence le pouls de ce qui se dit sur les réseaux sociaux et déclenchent des ordres d'achat ou de vente en cascade difficilement prévisibles.

Les crypto-actifs ne sont pas non plus imperméables aux variations des Bourses. Ils s’avèrent en fait très sensibles au cours des valeurs technologiques. En témoigne la baisse du bitcoin le 23 février dernier dans le sillage du Nasdaq. On rappelle que le bitcoin ne procure aucun dividende.


Faut-il utiliser toujours le même ordinateur ?

Vous lirez avec soin les conseils de sécurité prodigués par les plateformes spécialisées dans les cryptomonnaies. Toutes recommandent de sécuriser votre ordinateur et/ou mobile en évitant les appareils partagés.


Choisir des identifiants et mots de passe d’accès archi-complexes et uniques est aussi essentiel. Pensez à activer l'authentification à deux facteurs «2FA» (un code fixe+un code par SMS, par exemple), voire à dédier des numéros de téléphone et mails spécifiques aux formalités d’identification.


Puis-je payer en bitcoin dans des magasins ?

L'euro ou le dollar ne peuvent être refusés comme moyens de paiement dans le pays où ils ont cours. Le bitcoin n'est accepté que par les marchands qui le veulent bien.

«Peu de commerçants sont prêts à gérer le bitcoin, ce qui est beaucoup plus complexe et volatil qu’un paiement en monnaie fiat», souligne Pierre Lahbabi, directeur général de Galitt un spécialiste des paiements qui pense que: «Les véritables monnaies numériques seront celles d’acteurs privés comme Facebook (qui prépare le lancement du diem après l'échec du libra) ou celles des banques centrales.»

Les variations du bitcoin n’incitent guère à l’utiliser directement pour régler ses achats. D'ailleurs, des autorités font tout pour restreindre l’usage du bitcoin dans les magasins.


Que faire en cas de perte des codes ?

Une plate-forme sérieuse spécialisée dans les cryptomonnaie peut rétablir l'accès à votre compte en cas perte d'identifiant et/ou des codes d’accès. Car elle aura mis en place des procédures de vérification d’identité et de récupération. Sur certaines plates-formes, il faut en plus, pour accéder à votre propre portefeuille, une «une clé privée», soit un code que vous êtes le seul à connaître.


Attention, «il n'y a pas de service d'assistance téléphonique pour réinitialiser cette clé si vous la perdez», prévient Miha Grčar, responsable du développement de Kraken. Pierre Noizat, fondateur de Paymium, recommande de recopier en deux ou trois exemplaires la phrase mnémotechnique (vingt-quatre mots anglais) qui fait office de clé et de glisser la précieuse information dans des enveloppes scellées placées en lieu sûr, un tiroir fermé à clé, un coffre-fort de banque.


À éviter : prendre une photo des codes et les stocker sur un téléphone ou un ordinateur qui peuvent toujours être piratés.


Quels recours en cas de fraude ?

Les moyens de recours sont faibles surtout contre les plates-formes localisées dans des paradis fiscaux. Aucun PSAN n'a encore été agréé par l’AMF. Pour l'instant, il n'y a que des PSAN enregistrés auprès de l'AMF… Nuance ! Outre, le contrôle d’identité et le traçage des opérations, les exigences du nouvel agrément facultatif prévoient la mise en place d’une procédure de traitement des réclamations.

Dans tous les cas, assurez-vous que la plate-forme est localisée dans un pays doté d’autorités de contrôle. En cas de litige, un dépôt de plainte demeure possible, mais les résultats sont très aléatoires.


Quelle fiscalité ?

Lorsque vous vendez des crypto-actifs contre une monnaie officielle (euros, dollars), vous déclarez la plus-value (imprimé n° 3916-bis joint à la déclaration de revenus) et présentez le calcul (formulaire n° 2086).


La plus-value est exonérée jusqu’à 305 euros de vente par foyer. Au-delà, elle supportera au choix, le PFU (30%) ou l’impôt sur le revenu + les prélèvements sociaux à 17,2%. N'oubliez pas de déclarer tous les comptes détenus l'étranger, de cryptos notamment.

Ne croyez pas que les incursions dans cet univers digital soient anonymes. Un prestataire sérieux, français ou étranger, accomplit des formalités de contrôle d’identité et trace vos opérations.


En décembre dernier quand les autorités françaises ont durci les exigences anti-blanchiment et lutte contre le terrorisme, elles ont interdit en France les distributeurs automatiques (ATM) qui délivrent un ticket papier avec un QR code et son adresse cryptographique. Elles ont aussi suspendu les ventes de tickets bitcoin en bureau de tabac de Bykep (ex-Keplerk).

Depuis Bykep a été enregistré en tant que prestataire de services sur actifs numériques (PSAN). «Le service devrait reprendre ce printemps, mais avec des coupons dématérialisés sur mobile afin de mieux tracer les utilisateurs», indique Adil Zakhar, directeur général de Bykep.

Besoin de conseils et d'accompagnement ? Contactez-Nous !


Source : lerevenu.com