• Stéphanie Daudon

Pratique : cinq conseils pour optimiser votre retraite

La réforme de la retraite s’est invitée dans la campagne présidentielle. Voici les critères décisifs pour préparer son départ avant que les règles ne changent.

L’évolution de notre système de retraite est évoquée par la plupart des candidats à l’élection présidentielle, en l’absence de réforme au cours des cinq dernières années.

Voici nos conseils pour optimiser le montant de votre future pension dans le cadre actuel. Le passage de l’activité professionnelle à la retraite exige une bonne préparation.

Vous devez maîtriser les critères décisifs de calcul de votre future pension.


Pratique : cinq conseils pour optimiser votre retraite

1) Connaître les conditions du taux plein


Le «taux plein» permet d’obtenir la pension maximale. L’âge du taux plein se situe souvent au-delà de l’âge légal de la retraite, qui est actuellement fixé à 62 ans. Celui-ci signifie qu’il faut, hors cas particuliers, avoir atteint l’âge de 62 ans pour pouvoir faire valoir ses droits à la retraite.


Mais certaines personnes peuvent atteindre cet âge légal avant 62 ans, notamment en cas de carrière longue, de handicap, d’invalidité professionnelle ou d’inaptitude déclarée au travail.


Le taux plein est donc un objectif pour pour les affiliés des grands régimes de base – salariés du secteur privé ou agricole dans le régime général, fonctionnaires de l’État ou des collectivités locales ou personnel hospitalier, travailleurs indépendants ou professions libérales.

Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, les deux tiers des nouveaux pensionnés partent à la retraite dès qu’ils atteignent le taux plein. Ceux qui ont fait des études supérieures longues ou qui ont travaillé pendant certaines périodes à l’étranger voient le taux plein s’éloigner au-delà de l’âge légal de 62 ans.

Dans de nombreux cas, il n’est atteignable qu’à l’âge de 67 ans, auquel le taux plein est accordé automatiquement, indépendamment de la durée de cotisation à la retraite.

Les personnes qui ont accompagné un proche dépendant ou handicapé, qu’il soit enfant ou adulte, ont le droit de bénéficier du taux plein à partir de 65 ans si elles ont été affiliées au dispositif de l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF).


2) Bien calculer ses trimestres acquis


Pour anticiper une date prévisionnelle de départ à la retraite, vous devez bien calculer votre nombre de trimestres de cotisation. La dernière réforme du système de retraite en France, toujours en vigueur, est celle de 2014 – le projet de réforme initié pendant la mandature d’Emmanuel Macron ayant été abandonné en cours de route.

La réforme de 2014 exige 167 trimestres de cotisation du candidat à la retraite né en 1959 ou 1960 s’il veut obtenir le taux plein dans sa pension de base. Ce chiffre passe à 168 pour les personnes nées en 1961, 1962 et 1963, et va jusqu’à 172 trimestres pour celles nées en 1973 ou après.

Autrement dit, si vous voulez partir avant l’âge requis pour le taux plein, vous devez avoir atteint l’âge légal des droits et accepter une minoration de votre pension. Vous pouvez aussi poursuivre votre activité jusqu’à l’âge de votre taux plein ou jusqu’à 67 ans, qui permet l’attribution automatique du taux plein. Une autre stratégie consiste à « racheter des trimestres ».


3) Évaluer le coût d’un rachat de trimestres


Le nombre de trimestres pris en compte dans l’estimation de retraite, fournie aux cotisants de plus de 50 ans, comprend tous les trimestres cotisés, et ceux obtenus par une situation particulière – maladie, maternité, service national, chômage ou chômage partiel Covid indemnisé.

Sous conditions, les parents ayant élevé un enfant handicapé, ainsi que les «aidants» qui accompagnent un proche (conjoint, parent) lourdement handicapé, peuvent demander une majoration allant jusqu’à 8 trimestres.

Pour un rachat de trimestres, un accord préalable du régime général de retraite est requis sur le constat d’années incomplètes qui totalisent moins de quatre trimestres cotisés ou d’années d’études supérieures prouvées avec des justificatifs.

Vous pouvez racheter au maximum l’équivalent de trois ans de cotisations, ce qui représente un total de douze trimestres. La démarche a un coût, à partir de 3500 euros par trimestre et jusqu’à 4450 euros minimum pour un salarié de 61 ans par exemple.

Le calcul coût/opportunité doit être effectué au cas par cas, en fonction de la situation personnelle. Le coût du rachat de trimestres peut être amorti par la pension additionnelle qu’il générera sur plusieurs années.

Et les rachats de trimestres sont déductibles du revenu imposable de l’année au cours de laquelle ils sont effectués. L’opération peut donc être financièrement pertinente. Mais elle doit être étudiée longtemps à l’avance. Car il faut anticiper aussi les délais de traitement administratif.


4) Anticiper une décote ou une surcote


Lorsque le droit à la retraite est exercé avec un nombre insuffisant de trimestres, la pension de base subit une décote, qui a aussi un impact sur le calcul de la retraite Agirc-Arrco. Le cumul des deux décotes peut atteindre plus de 2% par trimestre manquant. Mais pour éviter cette décote en repoussant le départ à la retraite par le maintien de l’activité professionnelle, il faut évaluer le risque de malus Agirc-Arrco.

Depuis janvier 2019, celui-ci touche les personnes – nées en 1957 ou après – qui font valoir leurs droits à la retraite dès l’obtention du taux plein. Ce malus temporaire est de 10% sur une période de trois ans.

Certaines catégories sont exclues : personnes inaptes, handicapés, aidants familiaux, etc. Pour l’éviter, on peut décaler sa date de départ d’un an par rapport à la date d’obtention du taux plein. Par ailleurs, depuis la mise en place du dispositif Sarkozy de cumul emploi-retraite, une reprise de travail post-retraite est possible pour compenser momentanément l’absence de taux plein. Tout dépend de la perte de revenu générée.

Le malus Agirc-Arrco peut toutefois déclencher un bonus provisoire d’un an, de 10% sur la retraite complémentaire si deux années supplémentaires d’activité sont effectuées au-delà de l’âge du taux plein (et de 20% dans le cas de trois années de travail supplémentaire).

Dans le cas inverse, la surcote, provenant d’une durée plus longue d’activité et de cotisation aux régimes obligatoires, sera du même ordre de grandeur, d’environ un peu plus de 1% pour chaque trimestre supplémentaire cotisé au-delà de l’âge légal ou du taux plein, ce qui revient à peu près à une bonification de 5% par an.

Mais à partir du moment où l’on a atteint le taux plein, le rendement marginal du surplus d’activité professionnelle est plus faible.


5) Évaluer la majoration pour enfants


Les mères de famille peuvent bénéficier de huit trimestres attribués pour chaque enfant né avant 2010. Pour un enfant né à partir de 2010, quatre des huit trimestres sont obtenus sous conditions et peuvent être partagés avec le père.

Exemple : une mère de deux enfants qui travaille depuis l’âge de 24 ans atteint le taux plein lors de son 62e anniversaire, car elle obtient une majoration de 16 trimestres avec ses deux enfants. Il peut aussi y avoir des majorations de pension attribuées aux deux parents qui ont eu ou éduqué trois enfants ou plus. La retraite de base comme la retraite complémentaire sont alors majorées de 10%. La majoration Agirc-Arrco est toutefois plafonnée à 2113 euros par an.


Le cas des départs anticipés pour les carrières longues


Les salariés du secteur privé peuvent faire valoir leurs droits à la retraite dès 60 ans lorsqu’ils atteignent le total des trimestres exigés pour leur génération.

Ils doivent pour cela pouvoir justifier d’au moins cinq trimestres de cotisations à la retraite avant leurs 20 ans, et leur carrière professionnelle doit comporter peu d’interruptions de travail involontaires pour maladie, chômage ou accident du travail. Minoration.

Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), les départs pour carrière longue ont concerné en 2021 un nouveau retraité sur cinq du régime général. Ce chiffre, impressionnant, est toutefois en baisse par rapport à celui de 2017.

Ces départs, anticipés par rapport à l’âge légal de 62 ans, peuvent se faire avec une pension à taux plein. Mais il y a un bémol : la pension complémentaire Agirc-Arcco est minorée d’environ 8% pendant 3 ans.


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Source : lerevenu.com

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