Droits de succession en 2026 : combien reste-t-il sur 12 millions d’euros hérités ?
- Stéphanie Daudon

- il y a 2 jours
- 5 min de lecture

Hériter de 12 millions d’euros ne signifie pas recevoir 12 millions d’euros.
Selon le lien qui unit l’héritier au défunt, la fiscalité peut laisser entre 6,88 millions et 4,80 millions d’euros entre les mains du bénéficiaire.
Même patrimoine, même date, même hypothèse de départ.
Pourtant, l’écart dépasse 2 millions d’euros.
Pourquoi ?
Parce que les droits de succession ne dépendent pas uniquement de la valeur transmise. Ils sont aussi déterminés par le lien de parenté, l’abattement applicable et le taux d’imposition.
Le visuel ci-dessous permet de comprendre, en un coup d’œil, l’impact de ces trois éléments.
Le lien de parenté change presque tout
Avant d’appliquer un taux, l’administration fiscale déduit de la part reçue un abattement dont le montant dépend du lien de parenté.
Le solde devient la part taxable. C’est sur cette base que les droits sont calculés.
Plus le lien familial est éloigné, plus l’abattement diminue et plus le taux augmente.
Voilà pourquoi deux personnes héritant exactement de la même somme peuvent recevoir des montants très différents.
Enfant, père ou mère : le barème progressif
En ligne directe, l’abattement est de 100 000 €.
Sur 12 millions d’euros reçus, 11,9 millions sont donc soumis au barème progressif de 5 % à 45 %.
Dans notre simulation, les droits atteignent 5 117 394 €. L’héritier conserve 6 882 606 €.
Le taux de 45 % ne s’applique pas à l’intégralité du patrimoine, mais uniquement à la fraction située dans la tranche la plus élevée.
Petit-enfant ou arrière-petit-enfant : attention à la représentation
Lorsqu’un petit-enfant hérite directement alors que son parent est vivant, l’abattement successoral de droit commun peut être limité à 1 594 €.
Les droits atteignent alors 5 161 677 € sur les 12 millions transmis.
La situation change si le petit-enfant hérite par représentation d’un parent décédé ou ayant renoncé à la succession. Il peut alors bénéficier de l’abattement applicable au parent représenté, partagé entre les représentants.
Ce détail peut modifier sensiblement le calcul.
C’est précisément pour cela qu’une simulation doit toujours partir de la situation familiale réelle.
Frère, sœur, neveu ou nièce : la taxation augmente rapidement
Un frère ou une sœur bénéficie d’un abattement de 15 932 €, puis d’un taux de 35 % jusqu’à 24 430 € de part taxable et de 45 % au-delà.
Dans notre exemple, les droits s’élèvent à 5 390 388 €, pour un montant net de 6 609 612 €.
Il existe toutefois une exonération totale entre frères et sœurs lorsque trois conditions sont réunies au moment du décès :
avoir vécu avec le défunt pendant les cinq années précédentes ;
être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ;
avoir plus de 50 ans ou être dans l’incapacité de travailler en raison d’une infirmité.
Pour un neveu ou une nièce, l’abattement tombe à 7 967 € et le taux atteint 55 %.
Sur 12 millions d’euros, 6 595 618 € sont prélevés. Le bénéficiaire conserve 5 404 382 €.
Parents éloignés et concubin : jusqu’à 60 % de droits
Pour un oncle, une tante ou un cousin jusqu’au quatrième degré, le taux est de 55 % après un abattement de 1 594 €.
Pour un héritier plus éloigné ou un concubin, le taux passe à 60 %.
Dans ce dernier cas, les droits atteignent 7 199 044 €.
Sur les 12 millions d’euros transmis, il ne reste que 4 800 956 € au bénéficiaire.
Le cas particulier du conjoint et du partenaire de PACS
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés de droits de succession.
Attention toutefois : le partenaire pacsé n’est pas automatiquement héritier.
En l’absence de testament, il peut ne rien recevoir. L’exonération fiscale ne remplace donc pas l’organisation juridique de la transmission.
Ce que révèle réellement cette comparaison
Le chiffre le plus spectaculaire n’est pas le taux de 60 %.
C’est l’écart entre ce que l’on pense transmettre et ce que l’héritier recevra réellement.
Entre un enfant et un concubin, la différence de montant net atteint 2 081 650 € sur une transmission de 12 millions d’euros.
Et encore, cette comparaison ne tient compte ni des donations antérieures, ni de la composition du patrimoine, ni du régime matrimonial, ni des dispositions testamentaires.
Autrement dit, le barème ne raconte qu’une partie de l’histoire.
La qualité de l’anticipation fait le reste.
Trois pistes pour réduire les droits de transmission
Le visuel présente trois leviers.
Ils peuvent être efficaces, mais ils ne sont ni automatiques ni interchangeables. Leur pertinence dépend de l’âge, de la situation familiale, du patrimoine détenu et des objectifs du souscripteur ou du donateur.
1. L’assurance-vie
Pour les primes relevant de l’article 990 I du Code général des impôts, notamment celles versées avant 70 ans selon la date du contrat, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €.
La fraction taxable est ensuite soumise à un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 €, puis de 31,25 % au-delà.
Dans la simulation du visuel, un bénéficiaire sans lien de parenté supporte 3 623 594 € de prélèvements au lieu de 7 199 044 € en succession classique.
L’écart atteint 3 575 450 €.
Cette comparaison illustre la mécanique fiscale.
Elle ne signifie pas qu’il suffit de placer 12 millions d’euros sur un contrat à la dernière minute. L’âge lors des versements, la date du contrat, la clause bénéficiaire, la disponibilité des fonds et le caractère éventuellement manifestement exagéré des primes doivent être étudiés.
2. L’investissement forestier
Sous des conditions strictes, certains bois, forêts ou parts de groupements forestiers peuvent bénéficier d’une exonération partielle portant sur 75 % de leur valeur lors d’une donation ou d’une succession.
Cet avantage suppose notamment le respect des garanties et engagements de gestion durable prévus par les textes.
L’investissement doit donc avoir une cohérence patrimoniale et économique.
Un avantage fiscal, aussi séduisant soit-il, ne transforme jamais un mauvais actif en bon investissement.
3. La donation de son vivant
Chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants en bénéficiant de l’abattement applicable aux donations.
Cet abattement se reconstitue tous les 15 ans.
Pour un couple, cela peut représenter 200 000 € transmis à chaque enfant sans droits, si chacun des parents donne 100 000 € et si les conditions sont réunies.
Commencer suffisamment tôt permet d’utiliser plusieurs cycles d’abattement et d’organiser une transmission progressive, tout en conservant les ressources nécessaires à ses propres projets de vie.
Pourquoi attendre peut coûter très cher
Une transmission ne se prépare pas au moment où elle devient urgente.
À ce stade, certaines options ne sont plus disponibles, d’autres deviennent fiscalement moins intéressantes et les décisions doivent parfois être prises sous pression.
Anticiper permet au contraire de répondre sereinement aux vraies questions :
qui protéger ?
que transmettre ?
à quel moment ?
sous quelle forme ?
avec quel niveau de disponibilité pour le donateur ?
L’objectif n’est pas de réduire l’impôt à n’importe quel prix.
Il est de préserver l’équilibre entre trois priorités : votre sécurité financière, la protection de vos proches et l’efficacité de la transmission.
Préparer sa succession avec une stratégie sur mesure
Chez SD Invest & Patrimoine, nous commençons par analyser votre situation familiale, vos actifs, vos contrats, vos objectifs et votre horizon de transmission.
Nous pouvons ensuite comparer plusieurs scénarios et mesurer leur impact réel pour chaque bénéficiaire.
Assurance-vie, donations, démembrement, organisation matrimoniale, investissements spécifiques : les outils n’ont de valeur que lorsqu’ils sont coordonnés dans une stratégie cohérente.
Vous souhaitez savoir ce que vos proches recevraient réellement ?
Faisons le point sur votre situation et construisons une stratégie de transmission adaptée à vos objectifs, à votre famille et à votre patrimoine.
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Note méthodologique : les montants présentés sont des simulations indicatives calculées sur une part de 12 000 000 € reçue par un seul héritier, hors donations antérieures, hors abattement lié au handicap et hors exonérations particulières. Ils ne constituent pas un conseil fiscal, juridique ou patrimonial personnalisé.




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